mardi 26 février 2019
lundi 25 février 2019
dimanche 17 février 2019
Pas, souffle, silence: je change le monde
Le
monde change;
sur
une plage un promeneur a écrasé
un
minuscule coquillage; dans une centaine d'années,
il
y aura un nombre infinitésimal
de
nouveaux grains de sable encore pointus et anguleux,
et
mille ans plus tard de petits grains ronds
et
lisses auront apparus – le monde change;
dans
le jardin, pour la première fois, les boutons de camélia
vont
s'ouvrir: nous ne savons pas de quelle couleur
seront
les fleurs; quelques feuilles de radis,
deux
petits bouts de rien, tout verts, dans le potager;
ce
matin, on a rapporté les cendres de M.
du
funérarium – le monde en est-il un peu plus vide,
ou
un peu plus plein?
Il paraît qu'on a trouvé
au
fond des océans, dans les grandes failles obscures,
des
poissons inconnus, aux formes étranges,
aux
yeux aveugles – peut-être que dans dix millénaires,
ils
ramperont hors de l'eau, et tout recommencera,
mais
autrement ; la chatte a fait un nid dans le placard,
sur
les serviettes de toilette,
comme
à chaque fois – les petits ne vont pas tarder, cette nuit
peut-être-
le
monde change;
dans
le pré d'en-bas, chaque jour, les veaux
s'éloignent
un peu plus de leurs mères : on pourra bientôt
les
séparer sans les entendre meugler désespérément
toute
la journée, inconsolables;
le
long du talus, la terre détrempée après toute cette pluie
a
commencé à glisser: qu'en est-il en moi
de
la force de la terre? Combien de temps
avant
qu'elle ne me tire vers elle –
le monde change.
Sur
l'écran de mon ordinateur, j'ai vu hier
ma
petite nièce, Arabella, se mettre à marcher,
tomber
en éclatant de rire, et se relever: bientôt
elle
va partir explorer, s'éloigner, grandir;
va-t-elle
changer le monde,
le
monde la changera-t-elle? Dans le désert iranien
on
tombe sur des ossements – sous l'effet du vent et
du
sable, ils chantent, fête
des
morts sans sépulture;
et
cet air qui me compose aussi, quand
glissera-t-il
à travers
mes
os pour rejoindre
l'harmonique
de l'univers?
Le
monde change;
les
pins qui se sont écroulés cet hiver sous le poids de la neige
servent
de refuge
aux
insectes et aux vers -
bientôt
poudre bientôt humus bientôt atomes;
les
hommes qui habitaient près de la rivière
autrefois
ont
laissé s'écrouler les maisons
de
pierres grises; une bordure de rosiers
sauvages
marque encore la trace des tombes -
le
monde change.
Les
abeilles y bourdonnent dès l'aube ,
petites
flèches de soleil aux ailes sucrées-
délices;
une
île a surgi de l'océan, ruisselante,
comme
une reine,
et
à des milliers de kilomètres,
les
plages ont tremblé – et l'eau,
qui
me traverse, me polit, me gouffre -
quand
ruissellera-t-elle retournant aux nuages, à la pluie,
au
ciel sans limite?
Un seul papillon a éclot,
tache
blanche
sur
feuille verte:
est-il
heureux,ou
solitaire?
Est-ce
que cela peut changer le monde?
Chacun
de mes pas bouscule
un
peu
le
monde;
le
monde frissonne dans chacune de mes respirations –
je
change le monde -
le
monde change-
maisons,
îles, abeilles, cendres, poissons, coquillage;
naissance,
mort, humus, ciel;
eau,
terre, vent -
le
corps – le monde.
mercredi 13 février 2019
15 février: le Bouddha
Dernier jour du Bouddha:
Le
Bouddha dit à Ananda : « Ananda, il est possible que tu
te dises :’L’instruction du Maître a cessé. Désormais
nous n’avons plus d’enseignant ! » Mais ce n’est pas
ainsi qu’il faut voir les choses, Ananda, car ce que je vous ai
enseigné et expliqué en tant que Dhamma et discipline sera, après
ma disparition, votre enseignant.
Le Bouddha s’adressa aux moines en disant : « Il se
peut, moines, qu’un moine ait des doutes sur le Bouddha, le Dhamma
ou le Sangha ou sur la voie ou la pratique. Posez des questions,
moines ! Inutile, plus tard, d’avoir des regrets et de vous
dire : ‘Le Maître était là devant nous et nous n’avons
pas osé lui poser de question face à face !’ » A ces
mots, les moines restèrent silencieux. Le Bouddha répéta ses
paroles une deuxième fois et une troisième fois mais les moines
continuèrent à garder le silence. Alors le Bouddha dit :
« Peut-être, moines, ne posez-vous pas de question par respect
pour le Maître. Dans ce cas, moines, qu’un ami le dise à un
autre. » Mais ils continuèrent à garder le silence.
Alors le vénérable Ananda dit : « C’est merveilleux, Maître, c’est extraordinaire ! Je ressens très clairement que, dans cette assemblée, il n’y a pas un seul moine qui ait des doutes ou soit incertain … » « Ananda, c’est ta foi qui parle. Mais le Tathagata sait que, dans cette assemblée, il n’y a pas un seul moine qui ait des doutes ou soit incertain à propos du Bouddha, du Dhamma ou du Sangha ou à propos de la voie ou de la pratique. Ananda, chacun de ces cinq cents moines a atteint « le courant » et ne pourra plus retomber dans des états de souffrance, certain d’atteindre un jour le nibbāna. »
Puis le Bouddha dit aux moines : « A présent, moines, je vous exhorte : il est dans la nature de toute chose conditionnée de se désagréger — alors, faites tout votre possible, inlassablement, en étant à tout moment pleinement attentifs, présents et conscients. »
Alors le vénérable Ananda dit : « C’est merveilleux, Maître, c’est extraordinaire ! Je ressens très clairement que, dans cette assemblée, il n’y a pas un seul moine qui ait des doutes ou soit incertain … » « Ananda, c’est ta foi qui parle. Mais le Tathagata sait que, dans cette assemblée, il n’y a pas un seul moine qui ait des doutes ou soit incertain à propos du Bouddha, du Dhamma ou du Sangha ou à propos de la voie ou de la pratique. Ananda, chacun de ces cinq cents moines a atteint « le courant » et ne pourra plus retomber dans des états de souffrance, certain d’atteindre un jour le nibbāna. »
Puis le Bouddha dit aux moines : « A présent, moines, je vous exhorte : il est dans la nature de toute chose conditionnée de se désagréger — alors, faites tout votre possible, inlassablement, en étant à tout moment pleinement attentifs, présents et conscients. »
Telles
furent les dernières paroles du Bouddha.
Le Bouddha entra alors dans le premier jhāna. Puis, quittant cet état, il entra dans le second, le troisième, le quatrième jhāna. Ensuite, quittant le quatrième jhāna, il entra dans la dimension de l’Espace infini, puis dans la dimension de la Conscience infinie, puis dans la dimension de la Vacuité, puis dans la dimension de Ni-perception-ni-non-perception et, quittant celle-ci, il atteignit la Cessation de toute sensation et de toute perception.
Alors le
vénérable Ananda dit au vénérable Anuruddha : « Vénérable
Anuruddha, le Bouddha s’est éteint. »
« Non, ami Ananda, le
Bouddha ne s’est pas éteint, il a atteint la Cessation de toute
sensation et de toute perception. »
Alors le Bouddha, quittant la réalisation de la Cessation de toute
sensation et de toute perception, entra dans la dimension de
Ni-perception-ni-non-perception, de là il entra dans la dimension
de la Vacuité, la dimension de la Conscience infinie, la dimension
de l’Espace infini.

Pourquoi
ne parle-t-on pas de la « mort » du Bouddha ?
Nous, êtres ordinaires non éveillés, voyons la « mort » comme
la fin de quelque chose. C'est la fin d'un corps animé. Ce corps est
vu par nous comme une entité qui nait-vit et meurt.
Il y a une
notion de durée encadrée par la naissance (le début) et la mort
(la fin). C'est un processus biologique qui a un début et une fin.
C'est notre réalité d'être non éveillé, dans l'illusion.
Un
Bouddha voit la réalité telle qu'elle est, sans le voile de
l'ignorance. Il n'y a pas d'entité corps, il n'y a qu'un processus
dynamique, sans commencement ni fin. Pas de durée mais une
succession de phénomènes instant après instant. Il n'y a
qu'apparition/disparition de phénomènes dans l'instantanéité,
donc il n'y a rien qui « meurt » mais des transformations
sans fin. On meurt à chaque instant.
La « naissance »
n'est pas un début de quelque chose. Il n'y a que
apparition/disparition sans commencement ni fin.
Nous, nous voyons le Bouddha "mourir" car nous nous focalisons sur son corps physique
en le voyant comme une entité stable, solide mais ce n'est pas comme
ça que le Bouddha se voit.
D'ailleurs il parle de lui à la
troisième personne et ne dit pas « je » mais se désigne
par un impersonnel : "le Thataghata dit que..."
Comme
le dit Walpola Rahula le Parinirvana n'est pas une annihilation d'un
soi car il n'existe aucun soi. C'est nous qui voyons un « corps
de Bouddha » qui meurt et disparaît mais en fait il n'y a
aucun « corps » c'est un simple assemblage d'agrégats
dans une relation dynamique. Et ces agrégats sont comme le dit le
soutra du cœur « sans essence quand on pratique la profonde
sagesse qui va au-delà », la sagesse du Bouddha qui a
atteint,expérimenté le nirvana total.
(martine
L-Dai ki)
Parinirvana
: définitions
C'est
la fin de l'existence physique d'un être qui a atteint l'éveil
complet et parfait.
Ce
terme ne concerne que les bouddhas et les arhats.
Pari/nirvana :
pari
est un préfixe qui signifie : parachevé , complet
donc
parinirvana c'est le nirvana complet, parachevé.
Parinirvana
est un terme sanskri signifiant : « tout à fait Nirvana ».
C’est
le mot employé dans les textes originaux pour indiquer la mort
physique du corps d’un Bouddha ou d’un Arahant qui a atteint
(compris) le Nirvana.
Il veut simplement dire « entièrement
trépassé », « entièrement soufflé » (image de la flamme
éteinte dont il ne reste rien).
La
fin de l’existence physique d’une personne qui a atteint le
Nirvana, est l’entrée dans le Parinirvana avec dissolution des 5
agrégats ; ce qui est différent du Nirvana « atteint » au cours de
la vie, qui lui n’empêche pas les 5 agrégats de continuer à
exister jusqu’à la mort physique, « comme la roue du potier
continue de tourner par suite de l’impulsion reçue. »
(d’après
« L’enseignement du Bouddha », Walpola Rahula)
vendredi 8 février 2019
Montrer et montrer encore...
On jurerait un tableau de Maître. Mais non. C'est une photo prise au
bord d'une route de Belgique il y a trois jours...
Un migrant l'a prise avec son téléphone et l'a envoyée à une hébergeuse qu'il connaissait en lui demandant de la partager, pour que les gens se rendent mieux compte...
Un migrant l'a prise avec son téléphone et l'a envoyée à une hébergeuse qu'il connaissait en lui demandant de la partager, pour que les gens se rendent mieux compte...
dimanche 3 février 2019
Rivière d'enfance
Un bras de rivière
Quelqu'un l'appelait comme ça
la petite rivière
un autre l'appelait la rivière muette
Quelqu'un d'autre, la rivière
qui a pris trente croissants de lune
Quelqu'un d'autre encore l'appelait
la rivière qui a pris l'âme de la jolie Jeongsuni
de mon enfance
Cette rivière avait beaucoup de noms
Cette rivière avait beaucoup de souvenirs
Ko UN
Chuchotements ed Belin
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La fin d'un blog
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