dimanche 20 juin 2021

...Quelle chaleur ! Japon


les nuages arrivent

la pluie ne tombe pas encore

...quelle chaleur! 

Kokyo

 

 

pas une feuille ne bouge

terrifiant

le bosquet en été

 Buson


sur le point de pleuvoir

le ciel s'éclaircit à nouveau

...quelle chaleur! 

Kagyo

 

la nuit

écoutant le tonnerre au loin

...quelle chaleur! 

Ganshitsu


même le bruit de la cascade 

s'est affaibli

le chant des cigales 

Chiyo Ni

 


pas un endroit 

où se mettre

...quelle chaleur! 

Bukuya

 


 

fraîcheur!

les pieds contre le mur

pendant la sieste

Bashô


mardi 15 juin 2021

La générosité sans barrières

 




La générosité est considérée comme l’une des formes de la Noble Richesse, car qu’est-ce que la richesse, sinon le sentiment d’avoir plus que le nécessaire ? 

Il y a beaucoup de gens qui sont pauvres d’un point de vue matériel, mais qui, du point de vue de leur attitude, sont très riches. Et beaucoup de gens qui sont très riches du point de vue matériel sont extrêmement pauvres. 

Ceux qui n’ont jamais assez sont ceux qui ont toujours besoin de plus de sécurité, qui ont toujours besoin d’accumuler plus. Ce sont ces gens-là qui construisent des murs autour de leurs maisons, qui vivent dans des communautés fermées, de peur que d’autres ne leur prennent ce qu’ils ont. 

C’est une forme de vie très pauvre, une forme de vie étriquée. 

Mais lorsque vous pratiquez la générosité, vous vous rendez compte que vous pouvez vivre avec moins, que c’est un réel plaisir de donner aux autres. Vous éprouvez un sentiment de richesse. Vous avez plus que le nécessaire.


 

En même temps, vous faites tomber les barrières. Les transactions monétaires créent des barrières. Quelqu’un vous tend quelque chose, et vous devez lui donner de l’argent en échange : voilà une barrière. 

Autrement, si vous ne payiez pas, l’objet ne franchirait pas la barrière. Mais si quelque chose est donné gratuitement, cela fait tomber la barrière. Vous faites alors partie de la famille étendue de cette personne. 

En Thaïlande, les moines s’adressent à leurs soutiens laïcs comme aux membres de leur famille. Le don du soutien crée un sentiment d’appartenance. 

Le monastère où je résidais – et ceci inclut aussi bien les soutiens laïcs que les moines – était comme une grande famille étendue. 

Ceci est vrai pour un grand nombre de monastères en Thaïlande. 

Il y a un sentiment d’appartenance, il n’y a pas de frontière.

 



 

Thanissaro Bhikkhu

vendredi 11 juin 2021

Une lente révérence...

 

 Vieillir...

 

" comme on fait une lente révérence à la vie... "

 

Ah, merci, paroles amicales,

 

paroles de poétesse,


 mots d'amie...
 

Photo Françoise

dimanche 6 juin 2021

S'assouplir...

 


      Une douceur sans limites frémissait

sur tout cela comme un souffle d'air, 

fraîchissant

à l'approche de la nuit.

Je crois que notre écorce, plus rugueuse d'année en année, s'est assouplie pendant quelques instants, 

comme la terre dégèle 

et laisse l'eau nouvelle sourdre à sa surface.

Jacottet

 

Ah! S'assouplir, un peu, quelques instants... Nous défaire de notre écorce, laisser la lumière pénétrer le coeur...

Ah, Monsieur Jacottet, quel miracle, quelle espérance vous nous conter là...

 

Photo Lulena


lundi 31 mai 2021

Jours de fête!

 


 

 

"La gratitude peut transformer votre 

routine en jours de  fête ! "

 

William Arthur Ward

 

Photo Marylise et Ange


jeudi 27 mai 2021

Aimer sans peur

 
 

 



Je voudrais apprendre à reconnaître les couleurs,
celle du soir au couchant,
celles des herbes du printemps,
et dire la nuance exacte de l’automne, le bleuté de la neige,
 la nuance d'un sourire, l'éclat d'un silence, ...
 
Je voudrais faire pousser une fleur qui ne flétrirait pas,
et épier une rivière quand elle fredonne juste pour le chevreuil ou la loutre.
 
Je voudrais remettre le monde en place,
et danser parmi les étoiles, emportée dans le tourbillon des naines rouges et des géantes bleues...
 
Je voudrais apprendre à attendre sans impatience,
à recevoir sans avidité,
à aimer sans vouloir.

Je voudrais apprendre
à être simple
et à aimer
sans peur. 

Lulena

Photos: CB, Françoise

mercredi 19 mai 2021

Avec douceur et patience...

 



«  Moi, m’explique-t-elle, je me dis que je suis nulle…que je me trompe tout le temps… ». Elle prend machinalement la tasse de thé que je viens de lui servir, mais reste absorbée par ses pensées. « Je me critique chaque fois que je fais quelque chose… » soupire-t-elle, et sa main tremble un peu, de chagrin, de lassitude.

Autour de nous le monde va son petit chemin de printemps, parfaitement satisfait de lui-même semble -t-il. Le ciel joue avec des petites volutes de nuages, attentif à ne pas gâcher son bleu, un bleu doux et soyeux qui annonce des journées à venir tranquilles et sereines. Au bord du bassin, les mésanges nonnettes sautillent, s’aspergent un peu et sautillent encore pour mieux vérifier tout autour d’elles que l’ennemi héréditaire n’est pas en vue…

Au-dessus de nous, le vieux cerisier au tronc noueux a encore une fois réussi à faire apparaître de parfaites, de minuscules feuilles d’un vert éclatant, aux nervures aussi légères qu’un souffle…Comment fait-il ?


Mystère de chaque printemps… La prairie, elle, après un glorieux tapis jaune pissenlit très réussi, nous offre aujourd’hui des boutons et des fleurs de toutes tailles, de toutes couleurs, bleues, et rouges, et oranges, dans un élan de joie et d’optimisme : «  

Regardez, nous dit- elle, je suis vivante ! Vivante ! Et pleine de force, et je vais conquérir le monde ! »


Mais cette femme en face de moi n’a pas d’yeux pour cette beauté qui nous entoure ; elle est enfermée en elle-même. Ce matin, elle a longuement travaillé dans le potager, éclaircissant les petits radis avec tendresse, replantant les salades à venir avec soin, les mains dans la terre, attentive à chaque feuille, les arrosant tout doucement ensuite avec beaucoup de délicatesse. 

 



Depuis son arrivée, elle a pris soin aussi de la grande table des repas, qui n’avait pas été cirée depuis la fin de l’hiver et de la réserve du jardin, gants et outils, qui n’avait pas été rangée depuis…on ne sait plus, l’été dernier sans doute. Elle fait tout cela avec calme et habileté, et avec une immense générosité. Mais sa générosité si évidente pour les plantes et les choses s’arrête à elle-même : là, il n’y a plus que jugement et censure. Elle si douce avec le monde n’est plus que reproche quand elle se regarde.


Comment lui montrer qu’il n’y a pas de différence entre prendre soin du monde et prendre soin de soi ? Que la gentillesse que nous portons à ce qui nous entoure n’a pas, ne peut pas avoir de frontière mais qu’elle doit nous nourrir aussi. Que se l’interdire à soi-même revient à empêcher le soleil de venir illuminer une pièce où nous nous trouvons. Que la douceur dont nous faisons preuve pour tout ce qui naît, ce qui grandit peut aussi s’appliquer à nous-mêmes, et que la refuser revient à boire une eau salée là où coule une source fraîche… 

  

Que l’amour, enfin, pour les êtres, les proches bien sûr, mais aussi les lointains, les inconnus, les êtres en devenir et les êtres en souvenir emplit le monde et que nous ne pouvons, nous ne devons pas nous en soustraire.


Car je suis, elle est, nous sommes tous part de ce monde, et aujourd’hui nous composons avec le monde cette lumière de printemps ; ce printemps rayonne à travers nous comme il rayonne sur le vieil arbre et la jeune prairie : acceptons -le avec la même simplicité. 

Plutôt que nous couper du monde, acceptons- le complètement, et acceptons-nous aussi. Nous sommes le monde, et le monde est nous : prenons soin du monde et de nous avec la même patience et la même douceur - et entrons dans la lumière.


" Un été en méditation" éd. Cerf

 

Photos: Liliane, Françoise.


...Quelle chaleur ! Japon

les nuages arrivent la pluie ne tombe pas encore ...quelle chaleur!  Kokyo     pas une feuille ne bouge terrifiant le bosquet en été  Buson ...