mardi 29 juillet 2014
vendredi 25 juillet 2014
Hélas! La guerre
L'armée en marche - Du FU, Chine 8ème s. -
Et depuis, à travers le temps et l'espace....
L'armée en Marche :
le départ des soldats et des chars de guerre .
Ling ling, les chars crient ; siao siao, les chevaux soufflent
Les soldats marchent, ayant aux reins l’arc et les flèches.
Les pères, les mères, les femmes, les enfants
leur font la conduite,
courant confusément au milieu des rangs ;
La poussière est si épaisse qu’ils arrivent
jusqu’au pont de Hien-yang sans l’avoir aperçu ;
Ils s’attachent aux habits des hommes qui partent,
comme pour les retenir, ils trépignent, ils pleurent ;
Le bruit de leurs plaintes et de leurs gémissements s’élève
véritablement jusqu’à la région des nuages.
Les passants, qui se rangent sur les côtés de la route, interrogent les hommes en marche ;
les hommes en marche n’ont qu’une réponse :
notre destinée est de marcher toujours.
Certains d’entre eux avaient quinze ans
quand ils partirent pour la frontière du Nord ;
Maintenant qu’ils en ont quarante, ils vont camper
à la frontière de l’Ouest.
Comme ils partaient, le chef du village enveloppa de gaze noire
leur tête à peine adolescente ;
Ils sont revenus la tête blanchie,
et ne sont revenus que pour repartir.
Insatiable dans ses pensées d’agrandissement,
L’empereur n’entend pas le cri de son peuple.
En vain des femmes courageuses ont saisi la bêche
et conduisent la charrue ;
Partout les ronces et les épines ont envahi le sol désolé,
et la guerre sévit toujours, et le carnage est inépuisable,
sans qu’il soit fait plus de cas de la vie des hommes
que de celles des poules et des chiens.
Bien qu’il se trouve des vieillards entre ceux qui interrogent,
les soldats osent exprimer ce qu’ils ressentent,
d’un ton violemment irrité ;
Ainsi donc, disent-ils,
l’hiver n’apporte pas même un moment de trêve,
et les collecteurs viendront encore pour réclamer ici l’impôt .
Mais cet impôt, de quoi donc pourrait-il sortir ?
N’en sommes-nous pas venus à tenir
pour une calamité la naissance d’un fils,
et à nous réjouir au contraire
quand c’est une fille qui naît parmi nous ?
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Prince, vous n’avez point vu les bords de la mer bleue,
où les os des morts blanchissent, sans être jamais recueillis,
où les esprits des hommes récemment tués
importunent de leurs plaintes
ceux dont les corps ont depuis longtemps péri.
Le ciel est sombre, la pluie est froide, sur cette lugubre plage,
et des voix gémissantes s’y élèvent de tout côté.
DU FU
Cette pièce date d’une époque où l’empereur Ming-hoang
était loin déjà de la période pacifique
célébrée par Li-taï-pé, mais où,
la rébellion n’ayant pas encore éclaté dans l’Empire,
les seuls ennemis qu’il eut à combattre étaient
ceux que son esprit de conquête allait chercher au-dehors.
La sombre peinture esquissée par Thou-fou,
en même temps qu’elle fait juger de l’état d’épuisement
dans lequel la guerre civile dut trouver l’Empire
quelques années plus tard, nous montre aussi la liberté
de parler dont on usait alors,
puisque le poète occupait une charge à la Cour
quand il écrivit ceci.
Poésies des Tang -- Thou-fou (Du Fu)
wengu.tartarie.com/Tang/Du_Fu.php
" Il y aura demain de la gloire pour tout le monde..."
Appel Aux Femmes Françaises
lundi 21 juillet 2014
Un rêve de quelques jours...
Gloire du matin:
le charme de la beauté,
un rêve de quelques jours...
Natsume Soseki
J'aime le reste de ma vie
comme la claire splendeur
de l'azur matinal....
Tomiyasu Fusei
|
Rosée que ce monde
Rosée que ce monde -ci
Et pourtant...
Rosée que ce monde -ci
Et pourtant...
Issa
Zen poèmes éd. Vega
mercredi 16 juillet 2014
Ciel limpide, jardin au crépuscule
Cette
montagne là-bas-
c'est
là que la chaleur de la journée
s'en
est allée...
Shitsura
Jardin
au crépuscule
sans
allumer la lampe ni tirer le volet
je
reste à contempler les fleurs
Soseki
Lumière
éteinte
du
ciel limpide une étoile se détache
et
entre par la fenêtre
Soseki
Une
luciole
traverse
en silence le salon
vert de lune
Soseki
Entre
les fleurs de volubilis
un
reflet
les
prunelles du chat
Soseki
PLOUF ??
jeudi 10 juillet 2014
Matin d'été -2-
Les chants des cigales m'encerclent
pareils à des étincelles-
Soudain seule
Yuki Honda
Yuki Honda
Haikus d'aujourd'hui Points
mercredi 9 juillet 2014
Dans l'aube de l'éternité
Celui
qui entrave une joie
détruit
la vie ailée
Mais
celui qui embrasse une joie quand elle
vole
Vit
dans l'aube de l'éternité
W
Blake
mardi 1 juillet 2014
Lumière, énergie, corps et Terre Pure
Vers la lumière Sokyu Genyu éd. Philppe Picquier
De nouveau, au milieu de l'obscurité, d'innombrables lumières s'entremêlent. Éparpillées selon divers angles, on dirait des aiguilles ou de fines stalactites.A la limite entre lumière et obscurité, j'ai vraiment l'impression de percevoir comme l'ombre de la lumière mais je me dis que la lumière n'a pas d'ombre.
L'ensemble
des innombrables lumières flotte et se répand comme une surface
liquide, et envahit tout mon champ visuel.
Si
on me disait qu'il s'agit de la Voie Lactée, je serais prête à le
croire mais serais tout aussi convaincue si on me disait qu'il s'agit
d'un agrandissement de la surface des pétales des fleurs de
cerisier...
...«
Savez-vous que dans ce Paradis de la Terre Pure, les choses
apparaissent telles qu'on les désire ? Si on veut entendre de
la musique, on en entend ; si on veut sentir un bon parfum, on
peut le sentir.
- C'est possible ce genre de choses ? dis-je en riant.
Mais
Jiun répond « Je ne sais pas » et commence à raconter
une histoire plutôt étrange. Et de nouveau il est question
d'atomes, de quarks, de « supercordes » et je ne sais
trop quoi encore. Finalement ce que je crois comprendre c'est que «
l'énergie cosmique est invariable » et c'est à peu près
tout. C'est plutôt rassurant comme information d'ailleurs.
Mais
juste après, Jiun continue, sans aucune gêne, à parler de
l'instant où quelqu'un meurt, en posant l'hypothèse d'une
transformation en énergie. « Une énergie énorme se dégage
alors. »
... «
Je pense -dit Jiun- que la plus grande part de cette énergie reste
inutilisée. Alors, cette énergie, je me demande si elle ne se
concentre pas dans la puissance qu'on appelle Amida. Cette énergie
énorme, c'est à dire Amitâbha, produirait donc peut-être
l'apparition de ce qu'on appelle la Terre Pure ».
Je me sens
vraiment dans un état étrange. Un bonze qui se respecte ne ferait
sans doute pas des raisonnements comme ceux de Jiun. Ce qu'il dit, à
la limite, peut tout à fait amener à se réjouir de la mort à
venir.
Depuis
que je suis hospitalisée, je fais mon possible pour ne pas penser à
la mort, mais en voyant les belles mains rosées de Jiun posées sur
ses genoux, c'est la première fois que je me sens prête à accepter
simplement l'idée que la mort est proche.
Ce
qui me semble étrange, au fond, ce n'est pas cette acceptation de la
mort, c'est plutôt que, quelle que soit la façon dont on tente de
se la représenter, on garde finalement un vague sentiment
d'incompréhension.
…. Ce que je ressentais à ce moment-là, je pense que c'était peut-être la grandeur de la vie.
Je
n'aurais su expliquer pourquoi, mais il me semblait que ma vie, tout
autant que celle de ma mère, avait quelque chose de magnifique.
Je
me sentais pénétrer de cette sensation étrange et d'une certaine
manière effrayante, comme cette mer immense que je pouvais voir en
baissant les yeux.
Je
me disais que ma vie était une sorte de miracle, et mes larmes ne
cessaient de couler.
Vers la lumière Sokyu Genyu éd. Philppe Picquier
Photos:
Fractales:
wikipedia ens de julia
Papillons, Raedschelders
Texture:
Rainbow_Abstract_Paint_Texture_by_Enchantedgal_Stock 2
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