samedi 29 février 2020
mercredi 19 février 2020
Eh ! vous, demandez le chemin...
Demandez
le chemin...
Vous
les crétins qui demandez ce qu'est bouddha.
Interrogez
plutôt sur ce qu'est chaque être vivant.
Interrogez
sur chaque chose vivante.
Quand
vous avez faim
interrogez sur la
nourriture.
Interrogez
la lumière de la lune sur le chemin.
Trouvez
un port où les citronniers sont en fleurs
- où les citronniers sont
en fleurs.
Interrogez
sur les endroits pour boire dans ce port.
Demandez
et demandez jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien à demander.
Ko
Un
samedi 15 février 2020
vendredi 7 février 2020
Apaiser la soif...?
Le cœur apaisé
Il
est encore tôt, et le petit matin est frisquet, mais déjà cette
journée s'annonce claire et lumineuse. Partie pour traverser la cour
à toute allure afin de rassembler tout ce qu'il faut pour un grand
nettoyage, j'hésite : pourquoi courir ? Ces premiers
chuchotements du printemps, ces matins suspendus entre givre et
soleil, ce moment où toute la nature frémit d'impatience après un
long hiver.
Je
regarde autour de moi : les neiges tardives ont retardé les
floraisons, mais les taches rouges et jaunes des tulipes égaient
encore les murs de pierre ; les petites pensées, qui ne
craignent ni le froid ni la neige, sont éparpillées dans tout le
jardin, et le forsythia éclate . Plus loin, le prunus, au
bord du chemin, enveloppe d'un voile rose les troncs des vieux
cerisiers. Déjà les prés reverdissent, et bientôt ils se
couvriront de fleurs. Je reste là, assise, tranquille, absorbant la
beauté et le calme qui m'entourent.
Lorsque
j'étais jeune, je voulais que ma vie soit pleine – pleine
d'émotions, de sensations, de voyages, d'expériences... Je
regardais avec horreur les vieilles personnes – de l'âge de mes
parents ! – et il me semblait que leurs vies étaient ternes,
ennuyeuses et mornes.
Et je me jurais, que jamais, jamais, je ne
vivrai comme eux. Je voulais que chaque jour apporte une aventure, de
l'espoir, un changement, ou même du chagrin, mais quelque chose. Je
frissonnai à la chanson de Jacques Brel avec sa pendule dans le
salon; je détestais tout ce qui ressemblait à une habitude. Il me
semblait qu'il n'y avait pas d'autre choix dans la vie qu'entre ces
deux chemins.
Et
puis, je suis entrée dans un monastère au Japon : horaires
stricts, journées identiques et longues heures de méditation. Et il
me semble que le premier mot que j'y ai appris- avec réticence,
d'abord, et difficultés- est : apaisement.
Un calme qui apaise
la soif : soif de mouvement, soif d'objets, soif d'amour, soif
de se sentir exister, soifs...L'apaisement est comme une eau fraîche
qui traverse notre corps et notre cœur. J'y ai appris que calme
n'est pas synonyme d'ennui, mais de joie profonde; qu'il y a un autre
espace pour nos jours que je n'avais jamais imaginé ; une autre
façon de vivre, qui n'était ni dans l'agitation ni dans l'inertie.
Mais
d'abord cela fait peur : nous avons l'impression que si nous
arrêtons de nous agiter, d'essayer d'attraper tout ce qui nous fait
envie, si nous essayons de nous poser, nous allons devenir aveugles
et sourds, insensibles, perdant ainsi toutes les joies de la vie.
Et
nous aimons cette soif insatiable qui est en même temps aiguillon et
souffrance. Nous cherchons à l'extérieur ce qui ne peut que venir
de l'intérieur. Nous voulons cette « sérénité » dont
on nous parle, mais sans rien perdre de nos émotions ! Nous
voulons la paix, mais avec quand même un bon peu de mouvements et de
bruits autour! En fait, nous voulons ceci, et encore cela, et tout
que nous voyons par-dessus le marché...
Un
cœur apaisé ne craint plus le silence car il bat au rythme de
l'univers ; dans ce silence nous pouvons tout entendre : le
bruissement du vent, le craquements des pierres, les battements de
notre cœur, les joies et les peines de ceux qui nous entourent ;
un cœur clair nous permet de voir la beauté du monde et des êtres,
la lumière de chaque visage ; un cœur pur nous fait vivre dans
la limpidité
de chaque matin.
Le
soleil emplit la cour à présent et fait scintiller de minuscules
gouttes de rosée sur les fleurs du prunier ; une araignée
tire un fil transparent entre deux bourgeons ; tout ébouriffé,
un oiseau s'éloigne du nid.
La cloche sonne ; le son en est
tout doré.
La
journée sera longue et belle.
La Vie les Essentiels. Lulena
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