In: La montagne vide. Ed. Albin Michel
dimanche 23 février 2014
mardi 18 février 2014
vendredi 14 février 2014
Le clair-obscur de l'hiver
J'aime
raconter l'aube. Il y a l' aube de printemps, délicate, qui semble
n' apparaître qu'à travers brumes et ombres, pour mieux faire
admirer sa légèreté, mettant une touche de rose ici, un halo de
lumière par là, comme une actrice cabotine qui aime à se refléter
dans les gouttes de rosée.
L'été, l'aube dessine les montagnes
d'un trait net, souverain. « Admirez ce que je sais faire ! »
semble-t-elle nous dire, flamboyante, toute de couleurs, de chaleur
et de surprises : de nouvelles fleurs, un arbre qui semble avoir
grandi pendant la nuit, une promesse de rires et de fête...
Aube
d'automne ! Lumière rasante qui dévoile le brocart des forêts,
elle apporte un parfum de terre et de feuilles, et les premiers
scintillements de l'herbe gelée. Elle surprend les chevreuils dans
leur élan, les toiles d'araignée tendues en travers du chemin, les
champignons bien cachés aux yeux des curieux.
Les
aubes ont leurs secrets, qui se dévoilent parfois à nous dans le
silence de la première méditation, celle qui accompagne le réveil
de la terre et des arbres. L'été, il semble que c'est de ce
silence même que naissent les murmures des fleurs et les chants des
oiseaux. Parfois, les gouttes de pluie chantent avec nous le grand
hymne
de la vie, rafraîchissant nos cœurs, apaisant nos esprits.
![]() |
gif-lumiere.com |
Parfois, c'est un rayon de soleil qui fait danser d'innombrables grains de poussière, et nous donne envie de tourbillonner avec eux. L'aube déjà résonne de l'appel de la journée, des rencontres, des découvertes.
La méditation de l'aube est épure, qui nous soulage du poids du passé pour nous laisser, brillants comme un sou neuf, aborder d'un cœur léger la nouvelle journée.
Mais
l'hiver...Ah ! L'hiver est la saison du crépuscule, de la
soirée et de la nuit, de la dernière méditation qui replie le
silence. L'hiver, après le dîner, déjà, le calme semble se poser,
et le monastère respire à la lueur pâle de la neige. Ce n'est plus
le jour, et pas tout à fait la nuit.
Obscur et clarté semblent se
mêler : « Dans l'obscurité, il y a aussi la lumière;
dans la lumière, il y a aussi l'obscurité » dit un vieux
poème zen chinois, qui a sans doute été écrit en cette saison.
Les soirées semblent s'étirer dans la pénombre. La lumière
électrique est une intruse, elle fait cligner des yeux, rend les
fenêtres toutes noires et nous cache le dehors, la grande plaine
blanche, la douceur de la nuit : lampes à pétrole et bougies
semblent mieux appropriées, déférentes
presque envers le
cœur de l'hiver.
Puis la cloche nous appelle : le son en est
voilé, les murs de bois semblent le retenir, et notre marche s'en
fait plus lente, plus retenue.
Quand
commence cette dernière méditation, le silence se fait
immédiatement, comme si tous nos mots avaient déjà été absorbés
par l'obscurité. Nous restons plus facilement immobiles, sans
agitation ni impatience, comme si notre corps aussi aspirait au
repos,
au
temps plus
lent des animaux et de la végétation.
Ce temps qui s'écoule,
immobile: quels repères dans cette pénombre ? Plus
besoin de montre, de réveil ; pas d'attente, pas de retard :
juste cette grande plaine obscure devant nous, silence, parfum de
l'encens, craquements des pierres quand le gel saisit les arbres et
les sols.
L'hiver est une longue méditation de nuit. Nous nous mettons en jachère, plus que jamais reliés à la terre, dépendants de ses rythmes, reprenant souffle et énergie en même temps qu'elle.
L'hiver est un long crépuscule pour mieux arriver à la lumière.
Lulena La Vie Les Essentiels
mardi 11 février 2014
samedi 8 février 2014
Les images de l'enfance
Les
images de l'enfance
ont traversé les campagnes
le vent les poursuit et la pluie
vient ternir les couleurs
parfois une aile de lumière
les frôle et redonne vie
à quelque détail ignoré
dans un lointain silence
ont traversé les campagnes
le vent les poursuit et la pluie
vient ternir les couleurs
parfois une aile de lumière
les frôle et redonne vie
à quelque détail ignoré
dans un lointain silence
à l'instant
des oiseaux s'envolent
de la mémoire et de l'oubli
vers les ombres et les mirages
que le souffle du soir efface
de la mémoire et de l'oubli
vers les ombres et les mirages
que le souffle du soir efface
J.C Pirotte Passage des ombres, poèmes, éd. La Table ronde
dimanche 2 février 2014
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