Tous
les êtres vivants partagent les mêmes conditions fondamentales :
naissance, vieillesse, souffrance et mort. Dhammapada
http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1471_continent_dechets_pacifique_nord.php
Un
gigantesque "continent" de déchets se forme dans le
Pacifique Nord
Dans le Nord-est du pacifique, entre la Californie et
Hawaï, les déchets produits par les activités humaines et déversés
dans les océans sont acheminés par les courants marins vers un
nouveau "continent" dont la taille atteint
près de 3,5 millions de km² !
Deux plaques forment la "Grande plaque de déchets du
Pacifique" (Great Pacific Garbage Patch), un monstre dont la
taille aurait déjà triplé depuis les années 90 et qui s'étendrait
maintenant sur 3,43 millions de km², soit près d'un tiers de la
superficie de l'Europe ou encore cinq fois la superficie de la France
!
D'après les estimations, cette soupe océanique pourrait être
composée de 750 000 débris par km² ; Greenpeace évoquait même près d'un million de déchets par km².
Peu
importe combien de mots sacrés vous lisez, combien vous en
prononcez, quel bien vous feront-ils si vous ne les mettez pas en
actes ? Dhammapada
Le plastique : principal constituant du
"continent" de déchets
Jusqu'alors les débris flottants étaient détruits par les
micro-organismes mais cela n'est plus le cas avec l'arrivée du
fameux plastique. En effet, les plastiques constituent 90 % des
déchets flottant sur les océans. Selon le Programme des Nations Unies
pour l'Environnement on trouve en moyenne 46 000
morceaux de plastique par 2,5 km² d'océan sur une profondeur
d'environ 30 mètres !
Ce "continent" de déchets
plastique ressemble davantage à une soupe de plastique constitué de
macro déchets éparses mais surtout de petits éléments invisibles
sans une fine observation. C'est en filtrant l'eau que l'on découvre
une mixture composée de petits morceaux de plastique qui se sont
fractionnés mais aussi des granulés de plastique qui sont utilisés
comme matière secondaire pour fabriquer les objets en pastique.
En
certains endroits, la quantité de plastique dans l'eau de mer est
jusqu'à 10 fois supérieure à celle du plancton, maillon
élémentaire de la vie dans les océans (Charles Moore, Algalita
Foundation) ! On parle alors de "plancton plastique".
Les
environnementalistes bouddhistes affirment que la prise de conscience
de l'universalité de la souffrance amène une empathie pleine de
compassion pour toutes les formes de vie, surtout celles des espèces
sensibles.
Ils interprètent l'injonction éthique du Dhammapada de
« ne pas faire le mal mais de faire le bien » comme la
prière de « metta », la compassion aimante
universelle :
« Puissent tous les êtres être libres
d'hostilité ;
puissent tous les êtres être libres de
blessures,
puissent tous les êtres être libres de souffrance,
puissent tous les êtres être heureux. »
Un
"continent" de déchets mortels
Ce qui pose problème c'est le temps nécessaire à la dégradation
de ces plastiques (estimé entre 500 et 1000 ans) et la toxicité des
éléments qui les composent.
L'exemple le plus classique étant la tortue qui s'étouffe avec
des sacs plastiques confondus avec des méduses.
Avec de telles
concentrations de plastique, toute la chaîne alimentaire est
affectée puisque les plus petits morceaux sont ingérés par des
oiseaux, de petits poissons qui seront à leur tour mangés par de
plus gros...
Ainsi, Greenpeace estime qu'à l'échelle de la Terre,
environ 1 million d'oiseaux et 100 000 mammifères marins meurent
chaque année de l'ingestion de plastiques.
« Ce sont des tout petits morceaux de plastique de la
taille d'un confetti . En fait ils ont la même taille que le
plancton dont se nourrissent les poissons. C'est pour ça qu'ils
mangent le plastique, c'est parce qu'ils le confondent avec du
plancton."
Par
souci pour notre environnement global, les environnementalistes
bouddhistes étendent la gentillesse aimante -metta- et la compassion
- karuna- au-delà des personnes et des animaux aux plantes et à
la terre elle-même.
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Photo: Marylise |
On compterait des centaines de
milliards de micro-plastiques dans les océans, 250 milliards rien
qu'en Méditerranée.
Ce "continent" attire des animaux marins comme les
pélicans et les tortues marines dont l'espérance de vie se trouve
alors diminuée. Au total, plus de 267 espèces marines seraient
affectées par cette soupe colossale de déchets selon le rapport de
Greenpeace.
Que
pouvons-nous faire pour endiguer ce "continent" de déchets
?
"Il n'y a rien que nous puissions faire
maintenant, à l'exception de ne pas faire plus de mal."
Chaque année, environ 250 millions de tonnes de plastique sont
produits : plus de 10% se retrouvent dans l'eau, faute de filière de
traitement. Dans le même temps, 6 millions de tonnes de déchets
sont jetés directement à la mer par les navires. Or, leur durée
de vie peut atteindre 1000 ans ! Et les
plastiques biodégradables ne représentaient en 2012 que 0,27% de la
production mondiale... Dans ces conditions et en l'absence de mesure
radicale, l'amas du Pacifique Nord pourrait atteindre la taille de
l'Europe d'ici une vingtaine d'années...
Malheureusement, le nettoyage de cet océan de déchets semble
insurmontable.
Pour
les bouddhistes engagés contemporains, - et parmi eux le Dalaï Lama
tout spécialement- au cœur même de l'éthique écologiste, on
trouve un sens de la responsabilité enraciné dans la compassion :
«
Le monde devient de plus en plus petit , de plus en plus
interdépendant...aujourd'hui plus que jamais auparavant, la vie
appelle un sens de la responsabilité universelle - pas
seulement d'humain à humain, mais aussi d'humain à toute autre forme
de vie.. . »
Selon
le moine thaïlandais Buddhadasa Bhikkhu : " Le cosmos
entier agit en coopération. Le soleil, la lune, les étoiles
coopèrent. Ceci est vrai aussi pour les humains et les animaux, les
arbres et la terre.
Quand nous comprenons profondément que le monde
est une entreprise de coopération mutuelle et
interdépendante...alors nous pouvons construire un environnement
noble et juste.
Si nos vies ne sont pas basées sur cette réalité,
alors nous périrons. "
Photo Marylise