samedi 17 mai 2014
lundi 12 mai 2014
Pleine lune de mai
En Inde, et dans les pays d'Asie du Sud Est, le jour de commémoration de la naissance, de l'éveil et
de la mort de Bouddha est nommé Vesak (du nom du deuxième mois
lunaire du calendrier hindou, Vaisakha) et Buddha Purnima, soit la
Pleine Lune du Bouddha.
Cette commémoration a lieu lors du jour de Poya du mois de mai
(pleine lune de mai).
Cette année le mercredi 14 mai.
Photo Françoise
Née après
Shakyamouni
morte avant Maitreya
ma vie
certes commence et se termine
entre
deux Bouddhas
mais la
naissance
n’est pas la
naissance
et la mort
n’est pas la
mort
Lung Po
le vieux pin
sereinement
repose
entre deux
nuages...
Lung Po- nonne
bouddhiste chinoise 11éme s.
| Photo Yvon |
Je
suis le Bouddha
ayant
gagné l'autre rive
j'y
fais passer tous les autres
étant
libéré je libère
étant
consolé je console
parvenu
au Nirvana total j'y conduis tous les êtres
je
suis celui qui montre le Chemin
parce
que je le connais parfaitement
je
ferai tomber la pluie de la Loi
telle
la pluie qui irrigue les plantes et les arbres
tous
ceux qui m'écoutent deviendront
des
Bouddhas
Sutra
du Lotus Blanc
| Photo Anne |
Les
personnes du monde
qui
ne me comprennent pas
m'appellent
de
mon nom du monde:
« Vieille
Zhou »
qui
dure sept jours,
mais
la fête de la méditation
est
sans fin...
Huixu nonne
bouddhiste chinoise 11éme s.
vendredi 9 mai 2014
dimanche 4 mai 2014
Aux profondeurs du coeur ...
茶の湯:
Préparer le thé
avec de l'eau puisée
aux profondeurs du coeur
dont le fonds
est insondable....
Sen no Rikyu
avec de l'eau puisée
aux profondeurs du coeur
dont le fonds
est insondable....
Sen no Rikyu
la bouilloire en
fer
commence à
chanter
- vent dans les
grands pins *
朝々や茶がむまく成る霧おりる
asa-asa
ya cha ga mumaku naru kiri oriru
matin après matin
mon thé a meilleur
goût
- là- bas la brume
« Maintenant»
est le seul moment qui existe.
Aucune autre cérémonie du thé ne
sera comme celle-ci. Les invités changeront, le goût du thé ne
sera pas le même, la lumière qui se faufile à travers le shoji
sera plus brillante ou plus pâle, le chabana (les fleurs de la
cérémonie du thé) va se flétrir
et de nouvelles fleurs le
remplaceront.
La
poésie japonaise aussi offre cette appréciation du moment, à la
fois à travers notre expérience de la nature et dans le processus
d'écriture.
Murata
Shuko ( 1422-1502) , Supérieur de temple de Daitoku à Kyoto, se
détourna des cérémonies trop chargées pour introduire une
esthétique nouvelle « Soan-cha », « le thé de la
hutte au toit de chaume ». Soan-cha met l'accent sur la
relation entre l'hôte et l'invité, donnant plus d'importance à
l'état d'esprit et au cœur de l’hôte qu'à sa technique.
http://margaretchula.blogspot.fr/2010/04/harmony-poetry-and-bowl-of-tea.html
Ichi
go ichi e, un
seul moment, une seule rencontre.
Le
thé n'est rien d’autre que ceci :
d'abord
chauffer l'eau
puis
faire le thé
ensuite
le boire comme il faut
c'est
là tout ce que vous devez savoir.
Sen no Rikyu (1522-1591)
Sen no Rikyu (1522-1591)
A
travers le thé, l'hôte et l'invité se retrouvent dans l'unité de ce
moment.
L'hôte et l'invité partagent « isshin : 一心»
un même cœur.
L'hôte
et l'invité
respirent
ensemble
-la
poudre devient thé.
RESPECT 敬
Kei
En
entrant dans la salle du thé, toute différence entre soi et les
autres s'évanouit ; c'est le respect de l'autre qui prévaut,
et ainsi atteint on la paix du cœur...Murata Shuko
Levant
les yeux
vers
ce coin de ciel
où
chante le coucou
il
n'y a rien à voir
que
la lune du petit matin
(
Traduction d'un rouleau accroché dans la salle du thé de Toyotomi
Hidetsugu)
PURETE 清 Sei
Bien
que je balaie et balaie,
sur
tous les chemins de mon jardin
bien
qu'invisibles
de
petits flocons de poussière
sur
les fines aiguilles de pin
Sen no Rikyu
Sei
représente la propreté et l'ordre tant sur le plan physique que
spirituel. Pour la cérémonie du thé ( chanoyou 茶の湯),
la pureté commence par l'environnement. Le jardin a été désherbé
, balayé et arrosé avant l'arrivée des invités.
La
salle du thé et les ustensiles sont impeccables, pourtant, devant
les invités, l'hôte les essuie encore afin de purifier son esprit.
Les invités eux aussi participent à la purification, en se rinçant
les mains et la bouche au bassin extérieur, en enlevant leurs
chaussures, leurs armes et leurs bijoux avant d'entrer dans la salle
du thé.
Quand
vous entendrez le ploc !
D'une
goutte d'eau tombant
dans
le bol de pierre
vous
sentirez que toute la poussière
de
votre esprit est nettoyée...
Sen no Rikyu
Pour
profiter pleinement de Chanoyou, les participants aussi doivent
purifier leurs esprits : c'est l'idéal de FURYU,
風流 mot
composé de « vent » et de « couler »,
suggérant que notre esprit doit couler à travers la vie, comme le
vent se coule à travers la nature.
Furyu
comprend l'imparfait et
l'incomplet : la fleur à moitié ouverte dans le vase, l'image évocatrice
plutôt que concrète du haïku, ce qu'on appelle
« la
poétique de la légèreté »:
" La simplicité, c'est tout ce dont nous avons besoin dans ce monde..." Sen no Rikyu
TRANQUILITE 寂 jaku
Jaku
est un terme bouddhiste que l'on traduit souvent par l'état sublime
du Nirvana.
«
Vivre en portant une attention raffinée aux détails...non pas parce
que cela va agrandir le soi mais parce qu'ils apportent dans nos vies
l'harmonie qui transcende le soi... »
Kakuzo Okakura
Kakuzo Okakura
La terre et l'eau
et le feu dans le bol du thé
-mousse verte
Ichi
go ichi e, un
seul moment, une seule rencontre dans ce monde éphémère...
et le peuplier
tremblant ensemble
Issa
茶の煙柳と共にそよぐ也cha no kemuri yanagi to tomo ni soyogu nari
la fumée du thé
et le peuplier
tremblant ensemble
Issa
Sources:
Texte
et poèmes:
http://margaretchula.blogspot.fr/2010/04/harmony-poetry-and-bowl-of-tea.html
avec de l'eau puisée
aux profondeurs du coeur....
dimanche 27 avril 2014
Le premier enchantement
Quand
on a mission d'éveiller,
on
commence par faire sa toilette dans la rivière.
Le premier
enchantement
comme
le premier saisissement sont pour soi.
Rougeur des matinaux
R.Char
mercredi 16 avril 2014
Le Destructeur, le Danseur, Celui qui défait le monde...
Dis-moi, enfant, toi que je rencontre partout sur mon chemin, qui es-tu ?
Je
suis l'enfant du temps. Dès l'origine, je suis là ; jusqu'à
la fin, je suis là. Quand le moment est venu, je me manifeste; quand
il le faut, je me transforme.
Je suis la force et la faiblesse ;
sans moi, il n'y a pas de renouveau, il n'y a pas d'avenir. Je suis
l'envers de la création, la nécessité de la perte ; j'apporte
le mouvement, et la vie, et la mort.
On m'a donné beaucoup de noms,
j'aime celui de Shiva.
Mais on me nomme aussi le Destructeur, le
Danseur,
l'Infini, Celui qui défait le monde...
Suis-je
la seule à te voir ?
Tous me voient, mais peu me reconnaissent : je suis le petit garçon qui part jouer en donnant des coups de pied dans la fourmilière, je suis la jeune fille quand elle s'éloigne sans regarder en arrière, l'homme qui aime la guerre; je suis la femme qui porte les enfants, qui voit la vie grandir en elle.
Je suis le vieillard qui regarde pousser les arbres qu'il a plantés, et flétrir ses années... Je suis l'automne, et les feuilles qui s'abandonnent au vent, se laissant porter vers la terre ; le rouge flamboyant du grand cerisier, l'or des chênes ;
je suis l'hiver nu et desséché, la tourmente qui casse les branches, la neige pure qui recouvre les champs. Je suis la tempête qui s'élève et qui brise, le souffle du printemps, les orages de l'été.
Le torrent qui gonfle chuchote mon nom, l'éboulis qui brise la crête le proclame, la terre tremble quand je la réveille.
Tous me voient, mais peu me reconnaissent : je suis le petit garçon qui part jouer en donnant des coups de pied dans la fourmilière, je suis la jeune fille quand elle s'éloigne sans regarder en arrière, l'homme qui aime la guerre; je suis la femme qui porte les enfants, qui voit la vie grandir en elle.
Je suis le vieillard qui regarde pousser les arbres qu'il a plantés, et flétrir ses années... Je suis l'automne, et les feuilles qui s'abandonnent au vent, se laissant porter vers la terre ; le rouge flamboyant du grand cerisier, l'or des chênes ;
je suis l'hiver nu et desséché, la tourmente qui casse les branches, la neige pure qui recouvre les champs. Je suis la tempête qui s'élève et qui brise, le souffle du printemps, les orages de l'été.
Le torrent qui gonfle chuchote mon nom, l'éboulis qui brise la crête le proclame, la terre tremble quand je la réveille.
Ne sais-tu donc que détruire et abîmer ?
Tu ne comprends pas: je suis aussi la paix qui protège la terre et permet aux premières fleurs d'apparaître; je suis aussi la sève, qui au cœur même de l'hiver, s'élève dans les arbres ; grâce à moi, les branches dénudées porteront des bourgeons, et les fleurs laisseront la place aux fruits.
Je suis celui qui change le cours des choses, amenant la rivière là où manquait l'eau, qui redessine sans cesse les plages et les côtes, annonçant de nouveaux chemins.
Je polis la roche en millions de grains de sable, et transforme le volcan en terre noire et riche.
Je suis l'année qui se termine, et l'année nouvelle qui s'offre.
Je suis celui qui réjouit ou désespère; j'apporte le changement, la fin et le commencement, le renouveau et la peur; je me joue de vos projets et de vos désirs, car ma danse est le monde.
Je danse pour que les saisons s'écoulent, que la nuit succède au jour.
Ma danse est danse
de vie, car l'immobilité est la mort.
Je
danse le temps qui passe,
les pétales fanés des fleurs de
cerisiers,
mais aussi les premières roses.
Et moi, est-ce que tu me connais ?
Regarde : vois tes mains, qui chaque année ressemblent un peu plus aux feuilles des arbres d'automne, rousses, sèches, fragiles...vois le visage qui se creuse, le corps qui s'affaiblit...Toute l'histoire d'une vie que j'inscris sur chaque corps.
Pourquoi cette grimace ? Voudrais-tu être encore une enfant au sein de ta mère ? N'avoir jamais grandi, n'avoir pas changé, n'avoir jamais vécu ?
Enfant,
tu m'effraies...
Pourquoi avoir peur du changement ? N'est-il pas déjà inscrit en toi dès avant ta naissance ? N'est-ce pas l'étoffe dont est tissée la vie humaine? L'air que tu respires, la terre sur laquelle tu marches ne sont pas autre chose que les traces de mes pas.
Pourquoi avoir peur du changement ? N'est-il pas déjà inscrit en toi dès avant ta naissance ? N'est-ce pas l'étoffe dont est tissée la vie humaine? L'air que tu respires, la terre sur laquelle tu marches ne sont pas autre chose que les traces de mes pas.
Chacun de tes jours n'est autre
qu'un instant de cette
danse...
Danse,
Shiva, danse, la grande danse de la vie et du
changement...
Saurons-nous t'accompagner avec grâce,
aussi légèrement
que ces pétales qui s'envolent dans le vent.. . ?
Magazine La Vie, Les Essentiels
samedi 12 avril 2014
Passer la porte....
Cent
fois, je l'aurais dit : ce qui me reste est presque rien, mais
c'est comme une très petite porte par laquelle il faut passer,
au-delà de laquelle rien ne prouve que l'espace ne soit pas aussi
grand qu'on l'a rêvé.
Il s'agit seulement de passer par la
porte, et qu 'elle ne se referme pas définitivement.
Jacottet
Inscription à :
Articles (Atom)
La fin d'un blog
Impermanence et changement... pas facile parfois... la fin de ce blog depuis avril 2012, pour moi, un espace de liberté, un espace d...
-
Impermanence et changement... pas facile parfois... la fin de ce blog depuis avril 2012, pour moi, un espace de liberté, un espace d...
-
D’abord il y a Bassho , l’incontournable, le marcheur, tout dans la tension entre joie et douleur, haïku- Bassho, toujours Ce j...
-
Moriyama Daigyo Roshi La présence du Maître, la voix du Maître. A travers le bruit de la pluie, la fleur qui tombe...






